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 « La jeunesse est un défaut... Mais le défaut de l'âge, c'est de voir les défauts de la jeunesse. » [For n'Emy <3]

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Enchanteresse Ailée
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MessageSujet: « La jeunesse est un défaut... Mais le défaut de l'âge, c'est de voir les défauts de la jeunesse. » [For n'Emy <3]   Mer 27 Juin - 0:08

« La jeunesse est un défaut... Mais le défaut de l'âge,
c'est de voir les défauts de la jeunesse. »

Thomas Bernhard



    Je crois, j'espère et je pense.
    Je ne pense certainement pas dans le bon sens j'espère sans doute de mauvaises choses et je crois à des chimères qui s’effritent déjà sous mes coussinets. Et pourtant ce sont les trois choses auxquelles je ne pourrais jamais rien changer. Je ne sais pas s'il est possible pour n'importe lequel des félins de se défaire de l'attraction de ces trois grands piliers. Serai-ce une solution ? Une échappatoire aux désillusions ? Un moyen de fuir aux attentes qui nous rongent jusqu'à faire de nous des coquilles vides ? Eviter habilement les émotions trop brutales qui brouillent notre vision ? Je m'accorde vraiment trop de temps pour penser à pareils futilités... Combien de chat de clan peuvent-ils se poser pareil question ? Soupire. Je suis sans doute l'unique. La seule à avoir appris à philosopher sur la brise qui vous effleure et la guillerette mélodie d'un ruisseau. Enfin il n'est guère de sage de rester au clan, si je suis incapable de penser à des choses fixes et essentielles.

    Ce n'est sans doute pas très raisonnable. Il serait plus sage de retourner aux futures patrouilles et de s'occuper à l'intérieur du camp, étant donné mon... Etat. Je grimace. Etre porteuse de vie et synonyme de tellement de changement. Ma vue se brouille, l'eau se pressent sur le bord de mon regard laissant ce dernier briller. Je serre les crocs. Je ne craquerais devant personne. Et mon corps se glisse gracieusement entre les fougères qui gardent l'entrée du clan de la Brume. Sous mes coussinets le contact de l'herbe fraîche et encore humide de la rosée matinale. Il ne doit pas être très tard. L'aube est déjà passée, mais le soleil nous caresse encore timidement preuve qu'il est loin d'être à son zénith. Dès que je foule mon territoire et hume avec délectation les arômes qui lui son propre je me sens revivre. L'air s'engouffre en moi, purifiant mon esprit de la culpabilité qui le dévorait peu à peu. Le monde retrouve des couleurs et la terre qui m'avait paru si terne quelques minutes au paravent devient une surface exquise qui exhale son parfum sauvage si typique de nos terres.

    Il m'en faut plus. Plus de cette liberté que chaque arbre, chaque pierre, chaque souffle de vent m'évoque. Mon cœur se met à battre plus vite, lui aussi il reconnait les senteurs de l'extérieur. Mon corps se détend alors que je me jette à travers les arbres. Ah ! Quel plaisir que pouvoir enfin courir sans raison. Combien de lunes se sont-elles écoulées sans que je me livre à ce bonheur primaire que me procure la course ? Trop. Beaucoup trop. Je me fais la promesse silencieuse de ne pas réfléchir à la direction que je prends, me laisse porter par mon instinct et le vent qui souffle dans mon dos. Peu à peu la chaleur sale et étouffante qui étreint ma conscience de puis une demi-lune s'envole. Mes peurs et mes angoisses de future mère sont effacées par la fougue de la jeune guerrière qui m'habite désormais.

    Bientôt des millions de tiges dorées me firent faces. Et je souris. Un sourire félin qui n'avait pas éclairée mes babines depuis les récents évènements. Si tout était si simple. S'il m'avait toujours suffit de courir pour oublier j'aurais couru toute ma vie. J'aurais noyé toutes mes fautes, toutes les fois où j'avais trébuché, où j'étais tombé, tous mes échecs dans de larges foulés sans fin où j'aurais défié les rapaces qui habitaient les cieux. Mais il suffisait rarement, susurre une petite voix doucereuse de mon esprit. En écho à ma vision qui devient plus flou après cet effort et au mal de tête qui me ramène péniblement à la réalité. Mon sourit se tord en une expression douloureuse alors que je lutte pour reprendre mes esprits. Mes enfants, mon fardeau. Celui que même la liberté ne pourrait m’ôter, ou du moins me faire oublier.

    Lancinante je m'assois sur le sol plus sec et poussiéreux des champs de blé. Je me sens vieille. Et ce sentiment m'est terriblement désagréable au point qu'un nœud se forme dans ma gorge. J'ai envie de me sermonner pour mon inconscience, mon attitude de chatonne sauvageonne, la manière dont la lieutenante de la Brume se donne ainsi en spectacle. Je n'y parviens pas. Je suis toute seule. J'ai tout perdue. J'ai trahi et cette trahison reste gravée en moi. Je ne pourrais jamais m'en défaire et je passerais tout ma vie à regretter.

    Je me sens tellement honteuse de me laisser abattre. Qui aurait cru qu'un jour la fière seconde d'Etoile du temps baisserait la tête ? Pas moi. Je pensais que si un jour la foi devait quitter les chats de clan je serai la dernière debout à me battre pour une cause qui ne serait jamais perdue à mes yeux. Mais avais-je un jour imaginais que je tromperais et mentirais ? Je m'étais cru digne et loyal. Admettre que c'était faux m'est impossible. Alors je contourne. C'est parce que la situation est désespérée que mes actes peuvent paraître traîtres ou infidèles.

    Mes oreilles pivotent vivement alors que mon corps se plaque au sol et que tous mes sens se tendent. Réflexes acquis grâce à une discipline implacable, qui fait de moi une traqueuse réputée. Inspirant lentement pour que ma présence ne soit pas détectée, je tris lentement les effluves qui me parviennent. La première fut celle des rongeurs qui pullulent dans ce champ, elle me saisit à la gorge me rappelant sans délicatesse le repas que j'ai sauté en quittant le camp. Puis plus mince mais bien présente, celle d'un jeune félin. Je l’identifie comme étant un mâle du clan de la Lune sans pour autant être certaine de mes hypothèses. Prudente je me relève sans bruit, si le mâle est plus jeune que moi et que nous sommes en terres libres il n'y a aucune raison de craindre une hostilité.

    Je prends la décision de me révéler et m'approche, sans discrétion cette fois, du novice. Je reconnu aisément l'apprenti de Pétale de Lune à la vue de la fourrure beige trié de roux et des grandes pupilles vertes encore joueuse et naïves du chat. Avant de prêter une quelconque attention à son expression je préfére justifier ma présence :

    « Bien le bonjour Nuage de Rosée, je suis ici en amie et non en ennemie. M’indiquerais-tu les raisons de ta venue en ces terres, le clan de la Lune envoi ses futurs guérisseurs vadrouillait en solitaire maintenant ?»


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MessageSujet: Re: « La jeunesse est un défaut... Mais le défaut de l'âge, c'est de voir les défauts de la jeunesse. » [For n'Emy <3]   Dim 9 Sep - 16:17

L’innocence. Je me souviens encore des mois bercés par ce doux mot. Malheureusement, c’est désormais terminé. Je ne sais pas quand et je ne sais pas pourquoi mais c’est terminé. La fin a-t-elle eut lieu lors de mon baptême d’apprentis ? Après la mort de Nuage de Cristal ? Ou lors de ma rencontre avec Nuage de Cerisier ? Lorsque j’ai entendu la prophétie ? Au moment où j’ai abandonné l’amour que j’avais pour l’apprenti ennemi ? Peut-être lorsque j’ai pris conscience de l’ampleur du danger que courrait les clans. Je ne sais pas, je ne sais plus, mais une partie de mon innocence c’est envolé à jamais. Fini le temps où je me roulais dans la neige, celui où je courais après ma queue et les papillons. Terminée les jeux de la pouponnière. Et je ne les retrouverais sans doute jamais. C’est peut-être triste mais c’est ainsi.

Le soleil était près de son zénith, les souvenir revenaient par milliers et la prophétie se répétait en boucle dans ma tête. Je n’en pouvais plus. Je marchais, je ne savais pas où j’allais mais je marchais. Je quittais le buisson où Pétale de Lune m’avait envoyé cueillir des baies. Des images sanglantes m’apparaissaient les unes après les autres. Je commençais à avoir peur. Si ma mère mourrais, si mes amis mourraient, si nuage de cerisier mourrait. Qu’est-ce que je deviendrais ? La peur prenait possession de mon corps, mais la naïveté et le peu d’innocence qui me restait suffirent à me rassurer. Soudain je reconnus sur le sol la même odeur que celle que le chien avait laissé sur le poil de Nuage de Souris. J’eus l’impression qu’une pluie glacé me réveillait.

Je ne savais plus quoi faire, devais-je suivre cette piste, au risque de me faire tuer ou devais-je abandonner. J’hésitais d’autant plus que je n’avais jamais vu de chien et que cela attiré ma curiosité. Ne sachant que faire, j’avançais de quelques pas pour voir si pas loin il n’y avait pas un guerrier qui pourrait m’aider. J’aperçus alors à quelque mètre une silhouette féline. Elle est été assise au milieu de brins de blé, je ne voyais que son ombre. Le chat ne m’avait pas vu, mais semblait avoir senti ma présence. Je ne fis rien, ne sachant que faire. Je n’avais pas réussi à reconnaître son odeur, mais j’étais sûre qu’il était d’un clan ennemi.

Elle finit par se dévoiler à moi. C’était une belle chatte tricolore à a carrure fine, je la reconnu comme Enchanteresse Ailée, la lieutenante du clan de la brume. Dans son regard je pus lire une émotion indéchiffrable. Une sorte de colère à laquelle se mêlait de la déception, de la triste et, bien que cela m’étonna, de la culpabilité. La lieutenante du clan de la brume se sentait coupable. Je la regardais avec l’un de mes regards naïfs tout en lui lançant un sourire innocent.

« Bien le bonjour Nuage de Rosée, commença-t-elle, je suis ici en amie et non en ennemie. M’indiquerais-tu les raisons de ta venue en ces terres, le clan de la Lune envoi ses futurs guérisseurs vadrouillait en solitaire maintenant ?»


Je ne savais pas quoi lui répondre. Avec du recul, les « raisons de ma venue » me semblait stupide. J’étais venue pour demander à une guerrière ennemie si devais ou non suivre une présumée odeur de chien. Je ris intérieurement de ma stupidité. Puis je me tournais vers la chatte :

« Les différent éléments qui m’ont poussé à venir ici ne te regard aucunement. Mais je vais tout de même t’avouer, que je suis arrivé, en quelque sorte, ici par hasard. »

Ma voix c’était faite plus froide que je l’aurais voulu.
Croyait-elle seulement au hasard ? A l’assemblé, elle m’était apparue la fois comme une lieutenante dévouée à son clan mais aussi comme une chatte très mystérieuse. Je stoppais net ma réflexion. Je ne pouvais pas laisser ainsi aller mes pensées. Je devais rester concentré uniquement sur le plus important : mon clan, mon entraînement, la prophétie. Ces trois choses uniquement, le reste n’a plus tellement d’importance. Enfin je crois…

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Dernière édition par Nuage de Rosée ♫ le Dim 9 Déc - 21:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est un défaut... Mais le défaut de l'âge, c'est de voir les défauts de la jeunesse. » [For n'Emy <3]   Ven 14 Sep - 12:59


    D’abord perplexe le rouquin finit par se remettre face à moi. Profitant de son hésitation je détaillais un peu plus le personnage. Avoir Rêve Oublié pour compagnon m’avait rendu plus sensible à l’art des guérisseurs ainsi qu’au culte voué au clan des Etoiles. Nuage de Rosée était un chat de petite taille, pas vraiment taillé pour la chasse avec ses gestes hésitants et son manque de réflexe. Sa fourrure clair et rayé était un bond camouflage dans les champs de blés, bien qu’extrêmement voyante partout ailleurs. C’est amusant de près il avait l’air tourmenté. Comme s’il venait d’être soumis à une émotion intense dont il se remettait tout juste. Mon examen fut interrompu par la voix mi- agressive mi- défensive du novice :

    « Les différent éléments qui m’ont poussé à venir ici ne te regarde aucunement. Mais je vais tout de même t’avouer, que je suis arrivé, en quelque sorte, ici par hasard. »

    Impertinent. Mes yeux s’enflammèrent, alors que mes oreilles esquissaient un mouvement vers l’arrière et que je fronçais mon museau de façon explicite. D’où ce jeune imbécile se permettait de me tutoyer et de refuser de répondre à ma question ? Je balayai rapidement la distance qui nous séparait et sans plus attendre bondit sur le jeune félin. Je plaquai ce dernier par terre avec violence. Le bruit sourd que fie son corps en heurtant et le sol et l’écarquillement de ses yeux verts, me prouvèrent à nouveau que le novice était bel et bien né pour autre chose que la chasse ou le combat. Qu’est-ce qui pouvait bien tourmenter à ce point l’esprit du gamin pour qu’il en baisse sa garde en présence étrangère ? Sans plus réfléchir je lançais d’une voix grondante :

    « Il semblerait que le respect de ses aînées ne fassent pas partis de ton apprentissage ! Si tu veux que ma présence reste pacifique je te conseille de te souvenir de tout qui nous sépare et de la supériorité physique et stratégique que j’ai sur toi. Alors maintenant tu me dis qu’est-ce que tu fous ici et tu me parles sur un autre ton ! »

    J’avais doublé de volume et étais parfaitement consciente que je devais offrir une image particulièrement menaçante et dangereuse au rouquin. C’était le but recherché, je savais que l’intimidation était une méthode particulièrement efficace pour rappeler sa place à un félin un peu trop audacieux. Et n’hésitais pas à en abuser face aux autres clans. Au-dessus de nous le soleil était encore haut dans le ciel et la belle couleur or des épis de blé ressortait avec netteté. La chaleur était, par contre, intenable. Je grognai de mécontentement en me disant que j’aurais pu aller jusqu’au ruisseau, si cet imbécile ne m’avait pas retenu ici. La boule de poil rousse était toujours sous moi, bloqué par mes deux pattes antérieures que je maintenais fermement appuyées sur sa poitrine.

    De nouveau son expression de terreur et son rythme cardiaque trop rapide me frappa. Je ressentis comme un grand battement, l’air se fit plus lourd et le temps ralentit. Alors que peu à peu s’'insinuait avec mesquinerie une idée terrible. Un enfant. J’étais en train de terroriser un enfant. Un enfant comme ceux à qui j’allais donner le jour. Soudain c’est un frisson de terreur semblable à celui qui devait avoir parcouru Nuage de Rosée qui m’enbahit, suivit par une profonde sensation de dégoût. Je libérais instantanément mon emprise, reculais de quelques queues de renard et tentais de garder ma dignité en commençant une rapide toilette.

    Encore paralysée par l’idée effrayante qui s’était emparé de moi. Je ne parvins pas à trouver de réplique glacée qui m’aurait donné une contenance. Priant pour que le silence sonne comme la plus terrible des sentences, je terminais avec nervosité la toilette commençait plutôt. Pourtant une petite graine empoisonnée était déjà en moi « mes enfants voudraient-ils d’une mère qui n’hésitez pas à menacer des apprentis ? ». Pire une mère qui tuerait sur les champs de batailles. Une mère qui tuerait les enfants d’autres mère et les mères d’autres enfants ?

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MessageSujet: Re: « La jeunesse est un défaut... Mais le défaut de l'âge, c'est de voir les défauts de la jeunesse. » [For n'Emy <3]   Ven 19 Oct - 14:12


Soudain, j’eus peur, très peur. Dans les yeux de la lieutenante c’était allumée une flamme. Ce n’était pas la flamme que j’avais vu dans ce Nuage de Souris lorsqu’il parlait de Nuage Eternel. Ni celle que je voyais dans les yeux des chatons qui devenaient apprenti. Non, c’était une flamme bien plus obscure. Celle de la colère, je crois. Ou celle de la fureur. Celle qui devait s’allumer dans les yeux des guerriers durant les combats. Celle qui effrayait les plus jeunes apprentis. Celle qui tache une âme à jamais. Celle qui fait d’un félin loyal un simple assassin. Celle qui fait d’un apprenti brillant, un guerrier décevant. Celle que l’on n’oublie pas. Celle que j’espérais ne jamais plus revoir. Et puis la seconde d’après elle fut sur moi.

L’instant même où je sentis ses pattes toucher ma poitrine, je regrettais de ne pas avoir fait plus attention et me promettais ne plus jamais baisser ainsi ma garde. Même si de toute façon je n’aurais pas su me défendre contre une guerrière de la force et de l’expérience d’Enchanteresse Ailée. Son pelage avait doublé de volume et la flamme dans ses yeux avait grandi. Ses griffes s’enfonçaient de mon pelage et les tiges de blé, qui tapissaient le sol, me blessaient le dos. Mais la douleur n’était rien comparée à la peur que m’inspirait la lieutenante. Mon cœur battait de plus en plus vite et de plus en plus fort. Je n’osais rien dire, attendant qu’elle brise le silence.

«Il semblerait que le respect de ses aînées ne fassent pas partis de ton apprentissage ! Si tu veux que ma présence reste pacifique je te conseille de te souvenir de tout qui nous sépare et de la supériorité physique et stratégique que j’ai sur toi. Alors maintenant tu me dis qu’est-ce que tu fous ici et tu me parles sur un autre ton

Elle m’avait parlé sur un ton qui m’effraya encore plus que je ne l’étais déjà. Il lui suffisait de faire un geste pour que mon sang coule et tache mon pelage roux. Il suffisait d’un autre geste pour que j’arrête de respirer. J’étais incapable de me battre et elle le savait. Elle aurait pu vouloir en profiter pourtant elle n’avait pas encore fait de geste. Peut-être n’était-elle pas si dangereuse qu’elle ne voulait me laissait croire. Ou plus justement attendait-elle ma réponse. Je tentais de la lui donnai mais seul quelque balbutiements inaudibles sortirent de ma bouche. Elle du même pas les entendre, puisqu’elle ne bougea pas.

Soudain, sa pression sur moi se relâcha, ses griffes se rétractèrent et elle recula, horrifiée. Etonné par ce geste, je n’osais pas me relever. Je n’étais pas encore remis de mes émotions, mais m’autorisé quand même un bref coup d’œil vers la chatte tricolore qui était maintenant à quelques mètres de moi. Elle faisait sa toilette comme si rien ne s’était passé. Rassuré par la soudaine distance entre nous, je me relevais. J’observais plus attentivement la chatte qui m’avait menacé. Maintenant qu’elle ne me menaçait plus, il me semblait que la flamme dans ses yeux avait disparu. Elle avait place un profond vide. Ce qui ne me rassurait pas pour autant. Même dégouté d’elle-même, elle était dangereuse. Même tourmenté par ses peurs le plus profonde, elle pourrait me battre. Et pourtant, elle était si belle et semblait si digne. Autoritaire mais digne. Sa manière de se tenir la tête haute. Son soyeux pelage. Sa grâce, lorsqu’elle marchait. L’élégance de sa queue, qui la suivait dans tous ses mouvements. Rien en elle ne pouvait laissait pensait que quelque secondes plutôt elle m’avait menacée.

Malgré la crainte que m’inspiré la chatte, je fini par briser le silence. Répondant en même temps à sa question, puisque je ne trouvais rien d’autre à dire :

« P…puisque vous voulez le savoir, je vais vous dire ce que je suis venu faire ici : j’ai senti une odeur étrange qui ressemblé à celle des chiens. Cela m’a rappelé une certaine prophétie. »

Mis à part la première syllabe, j’avais réussi à ne pas bégayer. Mon tutoiement insolent avais fait place à un vouvoiement craintif. Malgré cela, j’avais peur qu’elle tente de m’intimider de nouveau. J’attendais qu’elle se retourne pour me répondre. Je ne savais pas si nos regards auraient le courage de se croisait. Pourrais revoir ses yeux bleus sans m’enfuir. Je ne savais pas, je ne savais plus rien…

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Dernière édition par Ombre Maléfique le Dim 4 Nov - 16:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est un défaut... Mais le défaut de l'âge, c'est de voir les défauts de la jeunesse. » [For n'Emy <3]   Dim 28 Oct - 23:28


Je n’osais pas regarder la petite silhouette rousse. Je me sentais tellement frêle tout à coup. Tellement creuse, si peu féline. Etais-ce la culpabilité? Etais-ce la peur ? Une autre de ces émotions regrettables seraient-elles venues souillées mon âme ? Et pourtant comment ne pas être coupable ou horrifiée, quand vous entendiez la vie grouillait en vous alors que vous menaciez un félin tout juste apprenti ? Comment !? La terreur et la panique proches amies de l’angoisse ne tardèrent pas à titillé mon esprit de future mère déjà peu stoïque. Je sentais au rythme des frissons qui parcouraient mon échine, mon sang-froid se dissoudre. Je ne parvenais pas à détacher mes yeux du sol. Creusant nerveusement de petits sillons dans la terre brune et sèche des champs dorés avec mes griffes. C’était fou comme cette terre pouvait être différente de celle de nos territoires, la texture était tellement plus… Poudreuse. Comme si les gerbes d’ors et le soleil avaient fini par assécher chaque particule du sol du champ, en comparaison la nôtre était tellement plus meuble et odorante.

Ma fascination pour le sol me fit rapidement prendre conscience que mon malaise était total. Avec détermination je tournais mon regard vers le corps encore un peu tremblent du félin que je venais tout juste d’agresser. Il s’est relevé, il aurait pu t’attaquer, sois plus attentive me sermonnais-je presque inconsciemment. Pourtant le rouquin ne semblait guère en mesure de tenter une hostilité à mon égard. Il m’observait avec attention, ses muscles tendus pour prendre la fuite en cas d’une seconde offensive de ma part. Il ne reproduirait pas la même erreur deux fois. Son regard vert et luisant me dévisageait, j’y sentais vivre une véritable intelligence. Je sentais palpiter en lui, cette petite étincelle intuitive, qui plus tard lui permettrait d’interpréter avec justesse les prophéties les plus ambigües.

Je ne l’interrompis dans son examen visuel. Espérant, peut-être racheté la terreur dont j’étais l’instigatrice. Mon cœur se pinça. Je m’efforçais d’ignorer ce nouvel affront à ma future progéniture. M’efforçais d’ignorer les questions qui m’avaient pris en grippe quelques minutes auparavant. C’est pourquoi, je fus reconnaissante au futur guérisseur de briser le silence :

« P…puisque vous voulez le savoir, je vais vous dire ce que je suis venu faire ici : j’ai senti une odeur étrange qui ressemblé à celle des chiens. Cela m’a rappelé une certaine prophétie. »

Sa voix était incertaine. Il avait le timbre étonnamment mature pour un enfant, et je me fis la remarque que sa taille m’avait peut-être fait sous-estimer son âge. Ses paroles étaient, par contre, dégoulinantes de candeurs et de simplicités. Il ne cherchait pas à me cacher que c’était bien la peur de la prophétie qui l’avait conduit ici. Le roux ne cherchait pas non-plus à masquer la menace. Il parlait cru comme l’aurait dit certaines personnalités de haute prestance, dont les mots étaient aussi fins que les queues des souris rabougris par la saison des neiges. Mon premier instinct me dictait de me fermer et de mettre en avant la puissance de la Brume et donc le peu d’importance de cette prophétie. Le second se fit plus maternel. Comme si une des reines qui habitait aujourd’hui les cieux avait décidé d’attendrir mon âme. Car oui l’envie de rassurer le pauvre gamin qui avait été soumis à la vision d’un massacre par la voie des songes, me saisit. Je ne me doutais que trop des séquelles qu’il devait en garder après avoir assisté à l’état d’effroi dans lequel Nuage Bleu était plongé à son retour de la Pierre de Lune.

J’éprouvais à cet instant une compassion immense. Comme si je voulais de tout mon cœur protéger cette petite graine de prophète de l’horreur du monde. A cet instant, l’image de mon jeune frère mort de faim en plein hiver m’étreignit. A cet instant, je fus à deux griffes de m’enrouler autour de la silhouette pelucheuse de Nuage de Rosée pour le réconforté. Fort heureusement, ma lucidité et la certaine distance que je m’imposais avec les autres me l’interdit. Arrêté dans mon élan et malgré tout remplit de bonne volonté, le résultat fut… Etrange.

« Tu n’as plus à avoir peur, si canin il y a je le saurais. La peur c’est très mauvais, ça brouille l’esprit et ça t’empêche de voir la vérité. Pourtant on ne peut pas l’empêcher alors, ne t’inquiète je…. Je veille. »

Je pataugeais dans mes mots, disant une vérité et son contraire. Emettant hésitation et ne cachant pas l’intégrité de mon ressentiment. Il me semblait même que mes mots étaient empreints de colère, comme si je claquais des ordres. Pourtant j’étais persuadé d’avoir senti ma voix s’adoucir dans un conseil. A moins que ce ne soit le grincement de gorge qui masquait à moitié mes premières syllabes ? Et moi qu’on prétendait grande stratégique, aussi habile avec ses mots qu’avec ses crocs. C’était du propre. Pourtant je ne pouvais m’empêcher de me sentir apaisée. Combien de temps cela faisait-il que je n’avais émis mes véritables sentiments ? Longtemps. Ca me faisait comme un poids en moins et je sentais ma fourrure se hérissait tant j’avais pris l’habitude d’enfermer mes émotions. Comme si trop habitué à tout cadenassé, le fait d’avoir libéré une parcelle de mon fardeau me donnait l’impression d’être amputée.

Le silence était devenu gênant. Je continuai à évitait soigneusement le regard du rouquin, lui préférant la vision du ciel qui se gonflait d’humidité et de sombres nuages. Je ne savais pas quoi ajouter. Et bien que cette situation m’horripilait, je ne pouvais m’empêcher de craindre le changement qui allait forcément s’opérer.

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MessageSujet: Re: « La jeunesse est un défaut... Mais le défaut de l'âge, c'est de voir les défauts de la jeunesse. » [For n'Emy <3]   Mar 11 Déc - 21:02

Le silence se fit entre nous. Aucun de nous ne parlait et cela devint pesant. Ce silence ne dura pourtant qu’une fraction de secondes. Avant même que nos yeux aient pu de nouveau se croiser, la vie avait repris son cours. J’entendais les oiseaux qui chantaient, les monstres qui passaient à toute vitesse sur le chemin du tonnerre, les petits bipèdes qui pleuraient au loin. Mais je n’y fis pas attention, toute mon attention était focalisé sur la chatte en face de moi. Elle semblait déséquilibrée par ma franchise et ma naïveté. Sans doute me considérait-elle un chaton. Un petit sans importance et peut-être même sans avenir. Mais son avis m’importait peu, j’étais bien trop occupé à essayer de fuir son regard bleuté et intimidant. Il semblait qu’elle tentait de trouver le mien, mais je n’osais pas vérifier.

Après avoir gardé les yeux baissés pendant dix minutes, ma curiosité finie par vaincre ma peur et je levais les yeux. Lorsque nos pupilles se croisèrent, il me sembla que ses prunelles n’était plus les prunelles glaciale qui m’avait fait si peur tout à l’heure. Maintenant j’y lisais de la compassion. Ce qui m’étonna fortement de sa part, mais après tout si elle me considérer comme un chaton ce n’était pas si étonnant. Mais finalement ce n’est pas tant cette compassion qui m’importa le plus ce fut plutôt la surprise : je n’avais plus peur. Etais-je devenu soudainement plus mature ou était-ce elle qui me rassurait ? Je n’en savais rien mais cela ne m’empêche pas de me réjouir.

Pourtant le souvenir de la prophétie qui était encore présente dans l’atmosphère me fit trembler et effaça le semblant de sourire que se dessiner sur mon visage. Ayant peut-être remarqué mon trouble, la chatte tricolore prononça d’une voix hasardeuse des paroles réconfortante.

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« Tu n’as plus à avoir peur, si canin il y a je le saurais. La peur c’est très mauvais, ça brouille l’esprit et ça t’empêche de voir la vérité. Pourtant on ne peut pas l’empêcher alors, ne t’inquiète je…. Je veille. »


Sa voix avait hésité et pourtant cela m’avait rassuré. Non pas que je n’étais plus inquiet, juste que dans l’immédiat, je ne me sentais plus menacer. Il y avait quelque chose dans sa voix qui m’avait rassuré. Ce quelque chose je l’avais déjà entendu. Maintes et maintes fois dans la bouche de ma mère. Lorsque j’avais peur de la nuit. Lorsque j’avais mal. Lorsque j’avais peur de mourir. Lorsque Nuage de Cristal était morte. Ou tout simplement le soir avant de m’endormir. Il m’était aussi arrivé de l’entendre de la bouche de Pétale de Lune.

Venant de la guerrière ennemie, cette chose n’avait pas la même saveur ni la même valeur. Peut-être parce que la lieutenante se noyait dans ses paroles en hésitant. Ou alors parce que il me semblait que c’était la première fois que je l’entendais prononcer des paroles sincère. C’était comme si soudainement la lieutenante avait fait place à une jeune guerrière qui ne connaissait rien de la vie. Je souris à la lieutenante n’ayant pas trouvé d’autre réaction appropriée. Elle semblait attendre de nouveau une réaction de ma part. J’hésitais, que pouvais-je bien dire ? Que je reconnaissais en elle ma mère ? Que la peur de la prophétie continuait de m’étouffer ? Que j’avais encore peur d’elle ? Qu’elle me rassurait énormément ? Que je lui aurais confié ma vie sans hésiter ? Quelles paroles pouvaient bien être appropriées dans une pareille situation. Finalement il me sembla qu’il fallait mieux dire peu de chose et éviter une nouvelle attaque :

« M…merci de veiller sur moi. Pourtant je ne peux pas m’enlever ces phrases de la tête »


Je poussais involontairement un soupire. Puis je m’assis, attendant je ne sais trop quoi. Sans doute de nouveaux mots rassurants même si ça ne me plaisait pas tellement de dépendre ainsi d’elle.


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Patte de Rosée -Nuage de Rosée - Rosée Matinale

Merci chantilly
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« La jeunesse est un défaut... Mais le défaut de l'âge, c'est de voir les défauts de la jeunesse. » [For n'Emy <3]

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